La montre française a-t-elle un style ? Quatre regards pour un premier podcast 10/10
Le 10 octobre, le monde horloger célèbre le World Watch Day. La date fait écho à la convention de positionnement des aiguilles sur les cadrans des montres lorsqu’elles sont photographiées, une habitude permettant de valoriser le logo de leurs fabricants. Pour l’occasion, Montres à la Française lance 10/10, son tout premier podcast, et ouvre le bal avec une question que le secteur aime se poser sans jamais vraiment la trancher : la montre française a-t-elle un style ?
Pour en débattre, Montres à la Française a réuni une assemblée experte autour d’un grand amoureux de montres : Charles Brunet, créateur de Mon Petit Horloger, le média multiplateforme dédié à l’horlogerie accessible à tous. Ont pris place autour de la table : Ségolène Dechaux, directrice marketing et digital de Pequignet, maison fondée en 1973 et devenue manufacture en 2010 avec son premier mouvement français ; Laurent Aziz, ingénieur et designer cofondateur il y a une dizaine d’années de FOB Paris ; le passionné Arnaud Poujade, directeur produit et cofondateur de l’enseigne Ocarat, qui présente quarante-cinq marques dans sa boutique parisienne et près de cent cinquante on-line.
Le moment est bien choisi. La France compte aujourd’hui plus d’une centaine de marques horlogères, des maisons patrimoniales aux jeunes labels indépendants, en passant par des créateurs venus de la mode, du design ou de l’ingénierie. L’échange est passionnant et on ne saurait trop vous conseiller d’aller l’écouter en entier (lien). En attendant, voici quelques idées qui ont animé leurs débats.
L’harmonie, le mot qui rassemble
La question n’a pas de réponse toute faite, et c’est bien là ce qui la rend savoureuse. Au fil de la conversation, les points d’accord se dessinent pourtant d’eux-mêmes. Le premier tient en un mot : l’harmonie. Cet équilibre délicat entre la couleur du cadran, les index, les aiguilles, les formes et les proportions reste ce qu’un créateur met le plus de cœur à chercher. Lorsqu’il le trouve, il touche quelque chose d’universel, qui parle à chacun quelle que soit sa culture. On retrouve cette même recherche dans le goût de l’élégance et de l’intemporel, celui des montres qui traversent les décennies avec discrétion. En France, la montre se vit volontiers comme un objet qui complète une allure, dans la belle filiation de la mode et des maisons de luxe.
Le goût de la liberté
Autre terrain d’entente joyeux : l’esprit de liberté. La France a l’habitude de bousculer les codes établis, dans la haute couture, le design, la cuisine ou la musique, et l’horlogerie ne fait pas exception. Beaucoup de créateurs cultivent une vraie audace, cette envie d’aborder les choses autrement et de réécrire leur propre grammaire. Et à mesure que les signatures s’affirment, on commence à reconnaître les maisons au premier coup d’œil.
Un style que l’on porte sans le revendiquer
Belle nuance soulevée pendant le podcast : on ne dessine jamais une montre en se disant qu’elle sera française. Le style vient tout seul, porté par une culture et des savoir-faire locaux qui y glissent naturellement leur souci du détail et leur quête d’équilibre. La vraie boussole reste la cohérence avec l’ADN de chaque marque. Les évolutions de tendances, comme le retour à des diamètres plus contenus, relèvent de l’ajustement et touchent rarement à cette identité profonde.
Une nouvelle génération qui avance ensemble
C’est sans doute le plus bel enseignement de ces quarante minutes. L’horlogerie française vit un vrai renouveau, porté par une génération de créateurs qui forment, recrutent et voient affluer de jeunes horlogers désireux de rester au pays. Les écoles tournent, les ateliers se montent, et l’envie de ré-industrialiser en France les cadrans, les boîtes et les bracelets gagne du terrain. Surtout, cette scène avance groupée. Loin de se regarder en concurrents, les maisons tissent une solidarité assez rare, avec des actions communes et une mutualisation progressive des outils de production. L’export et le digital ont permis à beaucoup de grandir, et le beau défi des prochaines années sera de reconquérir aussi le cœur du public français. Une chose est sûre : tous vont dans le même sens, et c’est bien ensemble que la French Touch horlogère écrira la suite de son histoire.
Le podcast est disponible ce jour, à l’occasion du World Watch Day, sur les plateformes Youtube et Spotify.
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